Sur le pont camarade

UNE UNIVERSITÉ COMMUNISTE, POUR QUOI FAIRE ?

Le 21 janvier prochain, aura lieu la séance inaugurale de l’Université communiste d’Avignon et du Vaucluse. C’est l’occasion de se poser la question : pourquoi la section d’Avignon a-t-elle lancé ce projet ?

Le rôle d’un parti

Former. C’est le premier rôle d’un parti politique. Et j’ai envie d’ajouter : particulièrement celui d’un parti communiste. Parce que la formation, c’est toujours la mise en commun d’un savoir, d’une culture. Être membre d’un parti, c’est, ainsi, bénéficier d’une formation, de ces transferts de savoir qui constituent sans doute ce qui est le plus important dans la vie militante. Parce que militer, c’est communiquer aux autres le savoir dont on est porteur, afin que ce savoir soit le plus répandu qu’il est possible dans l’espace public.

Apprendre. Le mot « former », l’idée de formation ont été galvaudés, à force d’être employés à tort et à travers. Tous les métiers, tous les engagements politiques, toutes les activités sociales commencent par de la formation. Mais ce mot, « formation », a été répandu après avoir été conçu dans le domaine de la formation professionnelle. La formation a commencé à montrer le bout de son nez quand la crise du chômage a commence à poindre, et elle est devenue urgenta aujourd’hui, d’abord parce que les travailleuses et les travailleurs, souvent, n’ont pas pu en bénéficier et se trouvent, après coup, sans la formation qui leur permettrait de trouver un emploi et d’adapter leur savoir aux emplois qui pourraient leur être proposés. Mais surtout se former a remplacé cet autre mot, sans doute plus ancien : apprendre. Apprendre, c’est transmettre une culture et l’acquérir. Il s’agit de quelque chose de plus large, de plus étendu que la formation. Apprendre, ce n’est pas seulement figurer, à une place ou à une autre dans la transmission d’un savoir, c’est contribuer à l’évolution de ce savoir. Ce n’est, d’ailleurs, pas un hasard si le même mot, apprendre, désigne le fait de transmettre un savoir et le fait d’acquérir.

Et donc le rôle d’un parti, c’est d’apprendre la politique et les idées dont elle se nourrit. Le rôle d’un parti communiste, comme le nôtre, c’est de transmettre les idées du communisme, mais c’est aussi, grâce à elles, transmettre le projet communiste, le faire partager aux autres. Mais encre faut-il, pour cela, être soi-même porteur des mots et des idées qui font ce projet. C’est pour cela, pour que le parti retrouve, ainsi, son rôle d’apprendre, que nous avons imaginé cette « université communiste ».

Le rôle d’une université

Nous n’avons pas intitulé par hasard ce projet « université communiste ». Nous ne lui avons pas donné ce nom parce que nous trouvions que cela faisait joli, que c’était une belle musique de mots. Encore que cela compte tout de même : l’esthétique joue un grand rôle dans le projet communiste. Mais nous avons fondé une université communiste, parce qu’une université, ce n’est pas seulement un espace de transmission de savoir. Une université, d’abord, c’est une ouverture sur l’univers, sur le monde. Une université, c’est un lieu dans lequel nous ouvrons les yeux sur le monde qui nous entour, sur le monde que nous habitons, dont nous sommes un acteur. Au fond, derrière cette idée d’université communiste, il y a l’une des idées capitales lors de la naissance du mouvement communiste : l’internationalisation. Une université, c’est un lieu politique dans lequel toutes les nations se côtoient, dialoguent entre elles, par des échanges d’informations, par des dialogues entre des acteurs engagés, par de la parole ouverte sur le monde. Ensuite, une université, c’est un lieu où l’on cherche, où le savoir que l’on transmet est aussi un savoir qui fonde de la recherche, autrement dit : qui contribue à définir le communisme de demain. Une université vit toujours dans le futur autant que dans le présent. Enfin, une université, c’est une mémoire : elle vit dans le présent et dans le futur, mais elle vit aussi en se tournant vers le passé pour se nourrir de la mémoire. Dans tous les pays, dans le monde entier, le mouvement communiste a une culture immense, faite de son histoire, car, après tout, il est un des partis politiques les plus anciens peut-être du monde. Notre université communiste aura aussi pour tâche de mettre en forme ce passé communiste, mais, au-delà, de formuler l’ancrage communiste dans ces trois temps.

Contribuer au renouveau de P.C.F. et à son renforcement

Cela se dit un peu partout, dans notre pays comme dans d’autres : les partis sont en crise. Et le P.C.F. n’échappe à cette tendance, ne nous voilons pas la face. Cet affaiblissement des partis tient notamment au fait qu’ile n’ont pas véritablement su formuler leur projet pour qu’il se renouvelle et qu’il puisse faire face aux enjeux de notre temps. Notre université va, ainsi, être un lieu dans lequel le communisme pourra se renouveler, trouver de nouveaux mots, imaginer de nouvelles idées, pour pleinement être en mesure de faire face aux défis qui sont devant nous – à commencer par ceux de la politique énergétique, de la politique sanitaire, de la politique internationale. Pour pouvoir répondre à ces défis, les militants du P.C.F. doit être pleinement outillés, et nous tenterons de leur permettre de l’être, à la fois en leur proposant des instruments culturels et en tentant de répondre aux questions qu’ils se posent, aujourd’hui.

Les mots du communisme

Notre université communiste sera ainsi un lieu dans lequel nous pourrons reformuler le projet communiste, dans lequel nous pourrons trouver les mots du communisme d’aujourd’hui. C’est un autre projet de cette université : élaborer une sorte de dictionnaire des mots du communisme contemporain. À partir de notre lecture attentive des discours communistes d’aujourd’hui, en particulier, peut-être à partir de notre lecture des mots communistes en usage à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle, nous allons donner à ces mots un lieu dans lequel nous les définirons, dans lequel nous ferons apparaître la complexité de leurs significations, un lieu dans lequel nous les lirons et nous les entendrons vivre.

« Sur le Pont » invite tous les camarades d’Avignon et du Vaucluse  nous rejoindre dans cette université.

Voici le calendrier de cette année :

 21 janvier 2022 : Ouverture : le communisme, l’identité communiste, les mots du communisme, le communisme : une culture politique internationale 

17 février 2022 : Histoire : l’histoire du communisme et l’histoire des révolutions, la place de la Révolution de 1789 et des révolutions de 1848 dans l’histoire du communisme 

17 mars 2022 : La démocratie 

21 avril 2022 Le communisme et la nation, l’évolution de la figure de la nation, l’internationalisme et les formes de l’internationalisation 

19 mai 2022 Le communisme et la santé, la place de la santé dans la culture politique, les politiques de santé publiques, lecture communiste de l’histoire du Covid-19 

16 juin 2022 Le fait électoral et la Constitution (cette séance s’appuiera, en partie sur les résultats des élections qui auront eu lieu en France) 

Les séances ont lieu de 18 h 30 à 20 h 30à la section d’Avignon du P.C.F., 29 bis, route de Montfavet, Avignon

2 réflexions au sujet de “UNE UNIVERSITÉ COMMUNISTE, POUR QUOI FAIRE ?”

  1. Si la politique politicienne n’attire pas les foules, c’est que le citoyen lambda n’y trouve
    pas son compte. On a besoin de respirer l’air de la connaissance, de la culture, de l’envie de s’engager, de l’espoir pour des jours heureux. A l’heure où de plus en plus de “penseurs” pointent l’idée communiste comme un nouvel humanisme, il est indispensable d’organiser sa mise en commun citoyenne afin de partager et d’enrichir une pensée bénéfique à toute société qui se veut progressiste.
    Je souhaite plein succès à l’Université communiste.

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