Sur le pont camarade

2. Protéger tous les travailleurs et sécuriser l’emploi

Contraindre les travailleurs des secteurs non indispensables à la réponse aux besoins immédiats et vitaux du moment met en danger leurs vies et celles de l’ensemble de la population car cela accélère le développement de l’épidémie. Nous réclamons l’arrêt de toutes les activités économiques non essentielles à la lutte contre le virus et à la réponse aux besoins vitaux du pays.

Cet arrêt de l’activité doit s’accompagner d’une interdiction de tous les licenciements. Les décisions du gouvernement espagnol constituent une avancée en ce sens. Nous proposons d’imposer aux grandes entreprises de renoncer à verser des dividendes en prévoyant une taxation réellement dissuasive. Pour écarter la menace du chômage qui pèse sur les travailleurs et ne pas mettre en danger la situation financière des TPE et PME, nous proposons la création d’un fonds d’urgence sanitaire et de sécurisation (voir chapitre 4) pour financer une indemnisation du chômage partiel à 100 % de la rémunération des salarié·e·s ou indépendant·e·s. Pour les entreprises dont la situation financière est fragilisée, un report des échéances de crédit et un gel des loyers doivent être mis en place. Et pour les plus en difficulté, une aide directe exceptionnelle doit être versée sous condition de maintien de l’emploi et des salaires. Les droits des chômeurs et la continuité du versement des allocations, avec le gel du décompte des jours à compter du 12 mars, doivent être garantis et les radiations suspendues.

La remise en cause des droits des travailleurs par la loi d’urgence sanitaire est inacceptable et indéfendable. Nous demandons l’abrogation immédiate des mesures prévoyant la possibilité pour l’employeur d’augmenter la durée de travail jusqu’à 60 heures hebdomadaires, de décider des périodes de congés payés ou de la prise de jours de RTT.

Pour les jours d’après, c’est à une sécurisation de l’emploi et de la formation et de tous les moments de la vie qu’appelle plus encore la situation. Dans cet objectif, les réformes de l’Assurance chômage et des retraites doivent être définitivement abandon-nées. Face au risque de nouvelles crises sanitaires, économiques, écologiques et à leurs conséquences sur l’emploi et parce que le chômage est un immense gâchis, chaque travailleur devrait avoir droit à une telle sécurité. Chacune et à chacun devrait pouvoir alterner des périodes d’emploi et des périodes de formation rémunérées et reconnues en matière de qualifications acquises, sans jamais passer par la case « chômage », ni connaître de baisse de revenus. En ce sens, un nouveau service public de l’emploi et de la formation pourrait prendre en charge les missions aujourd’hui exercées par l’Unedic, Pôle emploi, l’Afpa et tous les acteurs de la formation continue.

Dans cette crise, se sont plus encore dévoilés les dangers que le capitalisme fait courir à l’humanité.

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