Sarah Knafo a été accueillie en grande pompe à l’université d’Osez la France, au Palais des Papes mis à disposition par la municipalité d’Avignon.
Elle est la porte-parole de Reconquête, parti dont Éric Zemmour est le président. Celui-ci s’est encore récemment illustré. À la suite de la fusillade survenue le 12 octobre 2026 au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, Zemmour a choisi de désigner une nouvelle fois les populations immigrées et musulmanes comme responsables des maux de notre société. En affirmant qu’Aubagne serait « largement remplacée et islamisée » et en associant cette prétendue islamisation à un niveau de violence supérieur, il détourne les faits pour alimenter sa propagande raciste.
Or, les premiers éléments de l’enquête ne font état ni d’une radicalisation religieuse ni d’une délinquance connue chez l’adolescent de 14 ans mis en cause. Les investigations ont notamment mis en évidence sa probable adhésion à la True Crime Community, une mouvance numérique qui glorifie les auteurs de tueries de masse et peut encourager le passage à l’acte par mimétisme.
Quel rapport entre ces faits et la présence de kebabs ou de barbiers dans les rues d’Aubagne ? Aucun. Cette instrumentalisation d’un drame révèle la mécanique politique de l’extrême droite : exploiter les peurs, détourner l’attention des causes réelles et désigner une partie de la population comme responsable de tous les problèmes.
Le racisme n’est pas une opinion : c’est un délit. Il doit être combattu sans ambiguïté, y compris lorsqu’il est porté par des responsables politiques qui cherchent à banaliser la haine et à fracturer la société.
C’est pourquoi nous rappelons la proposition formulée par Fabien Roussel visant à rendre inéligibles les personnes condamnées pour des propos racistes. Les mandats électifs ne doivent pas devenir un refuge pour celles et ceux qui utilisent leur tribune pour propager la haine. Éric Zemmour ayant déjà été condamné à plusieurs reprises pour des propos racistes ou incitant à la haine, cette question mérite un véritable débat démocratique et législatif.
À Avignon, cette exigence vaut aussi pour les choix de la municipalité. La section du PCF Avignon-Morières-Le Pontet condamne la mise en avant de la porte-parole de Reconquête lors des universités d’été d’Osez la France, organisées dans une salle du Palais des Papes.
La municipalité avignonnaise ne trouve-t-elle donc rien à redire à ce qu’un lieu aussi emblématique de notre patrimoine accueille une personnalité représentant un parti dont les discours et les propositions alimentent la stigmatisation et le rejet d’une partie de la population ?
La liberté d’expression est un principe fondamental. Elle ne saurait toutefois obliger une collectivité à offrir une tribune politique à n’importe quelle organisation, sans s’interroger sur la portée de ses choix. Accueillir un événement, lui donner une visibilité et lui fournir un lieu prestigieux est politiquement symbolique. En l’espèce, elle banalise le discours d’un parti raciste
Nous refusons cette banalisation du racisme et de l’extrême droite. Face à ceux qui cherchent à opposer les Français entre eux, nous défendons l’égalité des droits, la solidarité et une République qui protège toutes et tous, sans distinction d’origine ou de religion.
La lutte contre le racisme exige de nous le refus de toute complaisance.