Sur le pont camarade

Étudiant·e·s confiné·e·s : des études et des vies en danger

Les rangs des amphithéâtres sont vides. Depuis le 16 mars, les établissements d’Enseignements Supérieurs sont fermés et le resteront jusqu’en septembre. 

Dès l’annonce de la fermeture des Universités, de nombreuses questions se sont posées pour les un peu plus de 2,7 millions d’étudiant·e·s en France. 

La continuité pédagogique en question 

Si l’on peut penser que les nombreux dispositifs de visioconférence existants permettent la tenue de cours à distance facilement, la réalité n’est pas aussi simple. 

Beaucoup d’étudiant·e·s ne disposent pas d’accès internet, les empêchant alors de pouvoir suivre les cours à distance dans de bonnes conditions. 

Très peu d’informations sont communiquées sur l’obtention de nos semestres, de nos années et de nos diplômes. La ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal, ne s’est toujours pas exprimée. 

Pourtant, les partiels sont pour le moment maintenus dans la plupart des Universités, alors même que nous n’avons aucune information sur la manière dont ces derniers vont se dérouler. De même les étudiant·e·s, en master et doctorat notamment, doivent continuer leur travaux de recherche. Il est alors difficile d’étudier chez soi correctement quand les universités et les BU sont fermées.

 

Logements, emplois… la précarité étudiante ne faiblit pas 

Depuis le début du confinement, 4 étudiant·e·s sont décédé·e·s : isolement, violence conjugale, manque d’accès aux soins. Ces drames ne peuvent continuer de se produire et être passés sous silence. 

Nombreux·ses sont les étudiant·e·s a avoir perdu leur emploi dans la période (sachant qu’un·e étudiant·e.s sur deux travaille pour financer ses études), les amenant parfois même à ne pas se nourrir face à la grande précarité qui les touche. Dans un article paru dans Libération le 7 avril, certains confient ne pas avoir mangé depuis 2 ou 3 jours : “J’avais un petit job étudiant. J’ai dû tout arrêter. Là, je suis à découvert depuis une dizaine de jours. Je ne sais pas trop comment je vais faire”.

De même, les étudiant·e·s rentré·e·s dans leur famille continuent alors de payer un loyer pour un logement inoccupé. C’est notamment le cas pour les étudiant·e·s qui étaient en échange à l’étranger et à qui les Universités ont demandé de rentrer en France, ne sachant même pas comment leurs examens allaient se dérouler. 

S’ils ont conservé leur logement étudiant, il est aussi difficile de payer leur loyer face à la perte de leur emploi. 

Les étudiant·e·s participent pourtant à l’activité du pays et ne peuvent être laissé·e·s pour compte.

Emmanuel Macron annonçait dans son allocution une aide pour les étudiant·e·s en difficulté, sans en préciser les modalités d’obtention, le montant, ni quand ces dernières arriveront.

Etudiants en santé : au front sans armes 

Les étudiant·e·s en santé ont été réquisitionné.e.s pour subvenir au manque de personnel dans les hôpitaux. Mais ces étudiant·e·s mettent leur vie en danger face à la pénurie de matériel de protection et ne peuvent exercer leur fonction en toute sécurité.

Dans certaines unités de soin, les étudiant·e·s infirmier·e·s sont payé·e·s 50€ la semaine. Ils et elles sont alors considéré·e·s comme des stagiaires alors qu’ils et elles travaillent au même titre que leurs collègues.

https://www.etudiants-communistes.fr/etudiant-e-s-en-ifsi-requisitionne-e-s-notre-solidarite-ne-remplace-pas-linvestissement-de-letat/

Face à cela, il est urgent de revendiquer un revenu pour tous·tes les étudiant·e·s, le gel des loyer CROUS pendant toute la période de confinement et un réinvestissement massif dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche à hauteur de 10 milliards d’€.


L. S.

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