De quelle vérité parle t’on ? De celle que l’on veut donner à voir ou de la réalité ?
Vieilles comme l’Humanité, les migrations existent depuis toujours. Elles sont attachées à la
liberté la plus ancienne, celle d’aller et venir. Consacré par l’article 13 de la Déclaration universelle
des droits de l’homme de 1948, c’est un droit fondamental : « La liberté de circulation est le droit
pour tout individu de se déplacer librement dans un pays, de quitter celui-ci et d’y revenir. »
Les migrations actuelles sont liées à cette histoire. Des femmes, des hommes, des enfants
continuent à s’exiler, contraints à fuir une extrême pauvreté, une situation politique violente, des
cataclysmes climatiques ou une absence de droits. Rares sont les personnes qui prennent le chemin
de l’exil par choix !
Ces dernières années des mineurs sont arrivés en France après avoir déjà vécu mille vies,
traversé des déserts, des guerres ou des mers.
L’État et les collectivités locales, le plus souvent défaillants en matière d’accueil d’exilés,
faisaient semblant de ne pas voir ces nombreux jeunes à la rue, dans le froid de l’hiver, proies
faciles à des réseaux mafieux.
Alors que les collectifs d’accueil citoyen arrivaient à bout, des personnes engagées ont
choisi d’occuper un bien de l’Église, vacant depuis plusieurs années et à la vente, pour mettre à
l’abri et protéger des jeunes gens. Pour alerter sur le non-respect du droit et le manque d’humanité
que constituait l’absence de politique d’accueil, l’association Rosmerta est créé en décembre 2018.
Depuis le départ elle est prise pour cible par le RN. Légitimé par le discours outrancier du
ministre de l’Intérieur, le RN s’enivre de ses obsessions malhonnêtes : si la France va mal, c’est à
cause des migrants ! La xénophobie, la peur de l’étranger orientent les débats politico-médiatiques
sur l’immigration. Elle est présentée comme un problème : la hausse du chômage, la précarité,
l’insécurité, bref tous les maux ou presque auraient un lien direct ou indirect avec le fait migratoire.
Or, depuis 1945, les élus de la République ont voté plus d’une centaine de textes sur l’immigration.
Le gouvernement Barnier n’échappe pas à la règle et veut présenter une nouvelle loi en 2025.
Pourtant ce ne sont ni les réfugié.e.s ni les exilé.e.s qui ferment les usines en France et
licencient à tour de bras les travailleurs et travailleuses ! Ce sont bien les capitalistes !
Le problème du pays serait les personnes qui font preuve de solidarité. Celles qui pallient
l’abandon mortifère de populations vulnérables.
Pire, en nommant et désignant à la vindicte populaire une militante des droits humains, le
RN fait preuve d’une irresponsabilité crasse. Qu’il se le tienne pour dit : si cette militante se voyait
agressée par des militants de groupuscule d’extrême droite dont la proximité avec le RN n’est plus à
prouver, nous les en tiendrions clairement responsables.
De quelle humanité sommes-nous fait ? Le problème, c’est la crise de l’accueil et de la
solidarité, la mise en danger des personnes exilées et la mise en concurrence des travailleurs entre
eux. Construire une société progressiste ne peut se concevoir sans échanges, sans respect de la
liberté de circulation et sans respect du droit national et international.
Face à cette diffamation, la section du parti communiste d’Avignon – Morières – Le Pontet,
avec ses élu.e.s, réaffirme sa solidarité et apporte son soutien à l’association Rosmerta. Sans elle,
des familles et des mineurs seraient en déshérence et livrés à eux-mêmes.