Sur le pont camarade

Cérémonie du 27 mai par les cheminots à la Croix des Oiseaux

En ce jour, 27 mai, jour de la commémoration de la résistance, les cheminots communistes célèbrent les héros des Rotondes. Ce sont en effet les cheminots FTP qui, à Avignon, pilotent l’essentiel des actes de résistance dans la Ville. En février 44, pour empêcher, le déplacement aisé des troupes allemandes, ils font sauter les ponts des rotondes et sabotent les locomotives.

Voilà le discours prononcé par Alain G. devant des élèves.

Chères sœurs et chers frères humains,

Oui, nous sommes humains d’abord pour répondre à celles et ceux qui ont fait sécession, séparation avec l’Autre, avec notre monde pas le leur.

L’humanité va dans le mur, nous le percevons toutes et tous. Il nous faut résister bien sûr, mais cela ne suffira pas.

Résister en rappelant la charte fondatrice de l’Unesco : « Étant donné que les guerres prennent naissance dans l’esprit des Hommes et des femmes, c’est dans l’esprit des hommes et des femmes que doivent être élevées les défenses de la Paix ».

Pourquoi nos camarades inscrits sur cette stèle ont-ils résisté jusqu’à donner leur vie pour notre liberté ? Se sont-ils battus pour rien ? N’ont-ils pas sacrifié consciemment ou inconsciemment leur être, leur jeunesse, leur famille respective et jusqu’à leur outil de travail.

Avant tout, permettez-moi d’avoir une pensée pour les familles présentes sur ce monument, mais aussi pour les Avignonnais et Avignonnaise.

Une pensée aussi pour Christophe Fourel et sa maman, petit-fils et fille de Maurice Chambonnet qui ne peuvent être présentes et qui vous saluent. Christophe cherche encore et toujours aujourd’hui à comprendre son histoire familiale singulière, mais aussi commune, c’est dire l’importance que revêtent ses moments de mémoire et la compassion que nous devons y apporter.

Alors, réveillons-nous ! sortons de nos aliénations

Oui l’histoire de ces humains est aussi la nôtre puisque nous sommes fiers d’être ce voyageur des grands chemins, cheminot, communiste, cégétiste et homme de Paix dans cette si belle ville d’Avignon.

Notre engagement devant vous est simple et sans ambiguïté : Nous n’avons pas envie que nos enfants et petits-enfants vivent cela.

Merci à notre Maire Cécile Helle, à ses élues et élus ainsi qu’à ces équipes municipales pour ce travail mémoriel que nous devons faire vivre avec ce présent et pour les générations futures et dont nous avons la responsabilité chacune et chacun de faire fructifier.

Un grand merci également, à cette jeunesse du collège Roumanille et à Caroline leur éducatrice au sens noble du terme pour ce dialogue riche et fécond que nous avons labouré tout au long de l’année scolaire. J’en garderai un souvenir ému.

Que dire aussi de cette jeunesse fière de porter cette transmission mémoriel, fière de porter avec un ainé le drapeau des anciens combattants lors de la commémoration de l’assassinat de Pierre Sémard. J’ai juste un regret, c’est de n’avoir pu leur donner des idées pour un futur travail, ni d’avoir mis en valeur leur beau travail.

Rien n’est jamais inscrit de manière définitive !

Jeunesse, je vous serai éternellement reconnaissant !!! Avignon la rouge vous sera à jamais reconnaissante.

Nous avons la responsabilité, en tant que piéton de la mondialisation, de commenter le monde et d’instruire à la communalité.

Communaliser, c’est faire République

C’est un toutes et tous ensemble, c’est l’internationalisme. C’est tout autre chose que cette montée autoritaire nationale et internationale.

Être avignonnaise ou Avignonnais qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui ? Pour ma famille, c’est une ligne de vie. Inscrit dans le monde paysan comme chacun de nous, avec la volonté de participer à la vie commune, aux services publics, au prendre soins, Originaire de Normandie, ayant travaillé à Rouen, puis à Marseille, je me sens pleinement Avignonnais et comme on dit à Marseille « Fier de l’être ».

Notre territoire riche d’une histoire populaire, paysanne et ouvrière, ou anarchisme, communisme, socialisme, paternalisme patronal se métissent pour former une seule classe sociale. Si l’on sépare une de ces parties, cela ne reflète pas un tout. Je vous parle là de l’action exemplaire de ces femmes et de ces hommes qui face au nazisme ont fait front commun pour construire une société nouvelle grâce à des institutions nouvelles.

Soyons les hardis, mais conscient bâtisseuses et bâtisseurs d’une toute nouvelle communalité, dans une démocratie refondée et plus fraternelle.

Un mot sur le fronton de nos mairies mérite toute notre attention et que nos adversaires ne peuvent s’approprier : c’est la fraternité. Un mot qui reste à défricher si nous voulons être réellement humaines et humains.

Préconisons le solidaire sur le solitaire. C’est-à-dire le plein épanouissement, le plein développement de chacune et chacun.

Construisons la paix et une ville apaisée ! D’ailleurs, posons-nous la question : sommes-nous en paix avec nous-même ?

Je voudrai reprendre les superbes mots d’Elisée Loustalot révolutionnaire de 1789 « Les grands ne nous paraissent grand que parce que nous sommes à genoux.

Levons-nous ! »

Ces femmes et ces hommes que nous mettons à l’honneur nous transmettent un message que des scientifiques, des universitaires qui travaillent sur les génocides depuis des années étudient. Ils répondent unanimement : Chacune et chacun de nous peut résister, chacune et chacun dans son coin, chacune et chacun à sa manière.

Issa Wallich, conseiller culturel à la délégation de la Palestine auprès de l’Unesco, natif de l’Ile Maurice et ayant séjourné au Moyen-Orient et au Maghreb nous livre un message universel dans son dernier recueil « A ciel ouvert ».

Ce recueil est un croisement des éclats et des brisures dans l’imaginaire poétique. On entrevoit çà et là les corps parmi les gravats et dans la poussière, les larmes d’un enfant sous les ténèbres et la lumière d’un jour qui se brise comme une cruche sous nos yeux.

C’est un appel : laissez-les vivre, ces enfants, pleurer, jouer, rêver comme tous les enfants de la terre.

Dans un de ces derniers poèmes « Front à la peste brune »

Je ne résiste pas à vous lire la dernière strophe d’un long poème (comme mon intervention) mais qui mérite une attention sensible.

« Sachons voir ce qui se cache derrière tous ces fards

De l’histoire, apprenons, avant qu’il ne soit trop tard

Regardons le passé pour choisir l’avenir

Que de nuages noirs le soleil sorte enfin

Construisons de nos mains la paix du lendemain »

Et si nous prenions au pied de la lettre ces propos ?

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