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Une nouvelle majorité n’arrive jamais avec une feuille blanche.

On entend beaucoup parler de « l’héritage » de la précédente municipalité. Mais il y a une réalité que l’on oublie souvent.
Lorsqu’une nouvelle équipe est élue, elle ne repart pas de zéro.
Elle hérite d’un budget déjà construit, de marchés publics signés, d’investissements engagés, d’agents recrutés et de services publics qui fonctionnent déjà.
À Avignon, cela signifie notamment :
des bibliothèques gratuites ;
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Une nouvelle majorité peut naturellement faire d’autres choix. C’est le principe de l’alternance démocratique.
Mais les moyens ne sont pas illimités.
Chaque nouvelle priorité devra être financée. La vraie question est donc simple :
Quels services, quels investissements ou quelles politiques publiques seront réduits, reportés ou abandonnés pour financer ces nouveaux choix ?
Le coût du capital :


Quand une commune construit une école, rénove une piscine ou une bibliothèque, elle doit emprunter.
Ces emprunts servent à financer des investissements qui profiteront aux habitants pendant plusieurs décennies.
Jusqu’en 2023, les collectivités ont bénéficié de taux d’intérêt historiquement bas. À Avignon, cela a permis de réaliser d’importants investissements : rénovation des piscines, requalification de la bibliothèque Renaud-Barrault, construction de l’école Melly et Paul Puaux, rénovation des écoles, végétalisation des cours, aménagements dans les quartiers…
Le budget 2026 rappelle d’ailleurs que la Ville a investi 450 millions d’euros depuis 2014 tout en maîtrisant son endettement, notamment parce qu’elle a emprunté « au bon moment », lorsque les taux étaient favorables.
Mais aujourd’hui, la situation a changé.
Les taux d’intérêt ont fortement augmenté. Le budget de la Ville reconnaît lui-même que cette hausse conduit désormais à limiter le recours à l’emprunt.
Prenons un exemple.
👉 Pour un emprunt de 10 millions d’euros sur 20 ans :
- à 1 %, les intérêts représentent environ 1 million d’euros ;
- à 4 %, ils représentent environ 4,5 millions d’euros.
3,5 millions d’euros supplémentaires qui ne financent ni une école, ni une piscine, ni une crèche, ni la rénovation d’un quartier. Ils servent uniquement à payer des intérêts.
C’est une réalité que l’on évoque rarement lorsqu’on parle des finances des communes.
Une autre voie est-elle possible ?
Les collectivités empruntent pour construire des équipements publics, pas pour spéculer.
Alors pourquoi ne pourraient-elles pas financer ces investissements auprès d’une banque publique à des taux très faibles, voire à 0 %, plutôt que de dépendre des marchés financiers ?
C’est une question de choix politique.
Pendant que certains trouvent normal que des millions d’euros d’argent public partent en intérêts, nous pensons qu’ils seraient plus utiles dans nos écoles, nos équipements publics, nos associations ou la transition écologique.
L’État retire des moyens aux communes


On entend beaucoup parler des difficultés financières de la Ville.
Mais il y a une réalité dont le maire parle beaucoup moins.
En 2026, le gouvernement demande un nouvel effort aux collectivités locales pour participer au redressement des finances publiques.
Parmi les victimes de ces coupes budgétaires figure le Fonds vert.
Créé en 2023 pour aider les communes à financer leurs projets de transition écologique (rénovation énergétique, végétalisation, adaptation au changement climatique…), il disposait initialement de 1,5 milliard d’euros, avant d’être porté à 2,5 milliards.
En 2026, il est ramené à 837 millions d’euros, soit une baisse de près des deux tiers.
Pour les communes, cela signifie une chose très simple :
➡️ moins d’aides de l’État ;
➡️ moins de cofinancements ;
➡️ davantage d’investissements à financer seules… ou à abandonner.
La diminution des aides de l’État explique-t-elle certains renoncements ou certains reports d’investissements, comme le programme Fraîch’Cours ?
Lorsque le maire explique les difficultés budgétaires de la Ville, il met systématiquement en cause la précédente municipalité.
En revanche, il ne dit presque rien des décisions du gouvernement qui réduisent les moyens des collectivités.
Pourtant, lorsqu’on veut comprendre un budget communal, il faut regarder à la fois l’Hôtel de Ville… et Bercy.
Étonnamment, lorsqu’il évoque les difficultés financières de la Ville, M. Galzi parle beaucoup de l’héritage municipal… et très peu des décisions prises par le gouvernement qu’il soutient.
La CNACRL, l’autre mauvais coup fait aux collectivités


Quand on parle des dépenses de personnel des collectivités, on entend souvent qu’il y aurait « trop de fonctionnaires ».
La réalité est bien différente.
En 2026, la Ville d’Avignon devra payer 1,2 million d’euros supplémentaires uniquement en raison de l’augmentation des cotisations à la CNRACL, la caisse de retraite des fonctionnaires territoriaux.
Cette hausse ne finance :
❌ aucun agent supplémentaire ;
❌ aucun nouveau service public ;
❌ aucune amélioration pour les habitants.
C’est une décision prise au niveau national.
Pourquoi cette hausse ?
Parce que la CNRACL est en difficulté financière.
Depuis plusieurs années :
➡️ les collectivités recrutent davantage de contractuels, qui cotisent à un autre régime de retraite ;
➡️ le nombre de fonctionnaires territoriaux progresse moins vite que celui des retraités ;
➡️ les années de gel du point d’indice ont limité la progression de la masse salariale et donc des cotisations.
Résultat : la caisse encaisse moins de cotisations qu’elle ne verse de pensions.
Le gouvernement a donc choisi d’augmenter les cotisations payées par les collectivités.
Pour Avignon, cela représente 1,2 million d’euros dès 2026.
Pendant que M. Galzi explique les difficultés financières de la Ville en regardant vers le passé, il parle beaucoup moins de cette décision prise par le gouvernement !
Galzi rejette les difficultés budgétaires sur ses prédécesseurs. Rien sur l’Etat qui baisse les dotations.Rien sur les taux d’emprunts qui augmentent. Rien sur les politiques publiques qu’il compte mettre en oeuvre et celles déjà en place qu’il compte sacrifiées.
Sur ce sujet, retrouvez l’intervention de notre conseiller municipal à Avignon Rémy Blanc :