L’été 2026 doit être un électrochoc.

Canicules à répétition, sécheresse, incendies : il est urgent d’adapter notre ville au climat qui change
Au 16 août, Avignon avait déjà connu 46 jours à plus de 35 °C et 40 nuits tropicales. La chaleur a commencé dès le mois de mai et s’est installée par vagues successives tout au long de l’été. Dans le Vaucluse, la sécheresse est elle aussi particulièrement importante.
Ces chiffres témoignent d’une transformation profonde de notre climat, dont nous mesurons déjà les conséquences : risques sanitaires accrus, végétation et sols fortement asséchés, infrastructures mises à rude épreuve et conditions plus favorables à la propagation des incendies qui touchent encore notre pays cet été.
Le changement climatique n’est plus une perspective pour demain. Il est notre réalité d’aujourd’hui.
Face à cette réalité, nous devons agir sur deux fronts : réduire nos émissions de gaz à effet de serre et adapter notre ville aux conséquences du réchauffement qui sont désormais inévitables.
Adapter Avignon : une urgence de santé publique

Il faut végétaliser, créer de l’ombre, désimperméabiliser les sols, préserver les arbres, adapter les bâtiments publics et protéger les habitants les plus vulnérables.
C’est particulièrement vrai pour les enfants. Une cour d’école minérale devient, lors des épisodes de canicule, un espace particulièrement difficile à supporter. La végétalisation des cours d’école est donc à la fois une mesure environnementale, une mesure de santé publique et une mesure d’égalité entre les enfants.
C’est pourquoi nous condamnons le choix de la municipalité de renoncer à la végétalisation des cours d’école.
Nous ne pouvons pas demander aux habitants de s’adapter à des températures toujours plus élevées tout en renonçant aux investissements qui permettent précisément de rendre la ville plus vivable.
L’adaptation doit également concerner les logements, notamment le parc social : isolation, protections solaires, ventilation et confort d’été doivent désormais faire partie intégrante des politiques de rénovation.
Réduire les émissions : la voiture ne peut pas rester au cœur du modèle urbain

Mais s’adapter ne suffit pas. Nous devons également agir sur les causes du dérèglement climatique.
La mobilité est l’un des leviers essentiels. Cela signifie développer les transports collectifs, sécuriser les déplacements à vélo et à pied et réduire notre dépendance à la voiture individuelle.
Dans ce contexte, remettre la circulation automobile au cœur de la ville constitue un véritable contresens climatique.
Voulons-nous vraiment d’une ville confrontée à des chaleurs toujours plus fortes ? Voulons-nous continuer à consacrer autant d’espace public au mode de déplacement qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre et à la minéralisation de nos espaces urbains ?
Une ville qui protège doit aussi pouvoir compter sur ses services publics

Les événements de cet été nous rappellent enfin que le changement climatique met également nos infrastructures à l’épreuve.
Nous voulons à ce titre saluer le travail des équipes d’Enedis, mobilisées sans relâche pour rétablir l’électricité après la coupure qui a privé plusieurs milliers d’Avignonnais de courant.
Ces épisodes montrent l’importance de disposer de réseaux et d’infrastructures capables de résister aux événements climatiques extrêmes, mais aussi de services publics suffisamment solides pour intervenir lorsque ceux-ci surviennent.
Nous proposons de préparer dès maintenant l’Avignon de demain
Face à cette situation, nous demandons à la municipalité de faire de l’adaptation climatique une priorité de son action et de :
- reprendre et accélérer la végétalisation des cours d’école ;
- engager un véritable plan de végétalisation et de désimperméabilisation de l’espace public ;
- protéger et développer les arbres et les îlots de fraîcheur ;
- intégrer le confort d’été dans les politiques de rénovation des bâtiments publics et du logement social ;
- poursuivre la réduction de la dépendance à la voiture individuelle en développant les transports collectifs, la marche et le vélo ;
- renforcer la préparation de la ville et de ses infrastructures aux épisodes de chaleur, de sécheresse et aux événements climatiques extrêmes.
Il faut également donner à chacun les moyens de comprendre les risques et d’adapter ses comportements. Mais la sensibilisation ne peut pas remplacer l’action publique : on ne peut pas demander aux habitants de s’adapter individuellement à un bouleversement qui nécessite des transformations collectives.
