
Le renouvellement de la sécurité civile reste largement insuffisant face au changement climatique
Dès 2010, un rapport interministériel alertait sur les conséquences du changement climatique et l’extension des zones sensibles aux feux de forêt à l’horizon 2030-2050. Les pouvoirs publics savaient donc depuis longtemps que les risques allaient s’aggraver.
Pourtant, alors que les épisodes de feux de forêt, de sécheresse et d’inondations se multiplient et s’intensifient, les moyens de notre sécurité civile restent en retard sur les besoins.
Après les incendies de 2022, Emmanuel Macron annonçait en octobre 2022 un renforcement massif des moyens de lutte contre les feux de forêt. Le pacte capacitaire a permis de mobiliser 150 millions d’euros et de financer plus d’un millier d’engins. Mais en 2026, seuls 541 des 1 083 engins prévus étaient encore en service, selon le ministère de l’Intérieur.
La situation de la flotte aérienne est tout aussi préoccupante. Emmanuel Macron avait annoncé le renouvellement des 12 Canadair français et le renforcement de la flotte jusqu’à 16 appareils. Deux appareils ont été commandés en 2024, avec des livraisons prévues en 2028. Deux autres ont été programmés dans le budget 2026, mais leur livraison n’est envisagée qu’à l’horizon 2032-2033.
Dans le même temps, la chaîne de production des Canadair avait été arrêtée en 2015 et sa relance industrielle a pris plusieurs années. Des rapports parlementaires ont eux-mêmes souligné les incertitudes pesant sur le calendrier de production et de livraison.
Le renouvellement et le renforcement de notre sécurité civile ne sont pas à la hauteur de l’accélération des risques climatiques.
À cela s’ajoute la question essentielle des moyens humains. Notre système de secours repose très largement sur l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires. Leur disponibilité, leurs gardes et leurs astreintes sont indispensables au fonctionnement des SDIS. Ils doivent donc bénéficier d’une reconnaissance et de conditions d’engagement à la hauteur des missions qui leur sont confiées.
La sécurité civile ne peut pas reposer durablement sur la seule disponibilité croissante de citoyens qui consacrent une part considérable de leur temps au service de tous.
La section PCF Avignon/Morières et Le Pontet demande donc au préfet et aux pouvoirs publics d’entendre les revendications des personnels des SDIS et d’engager un véritable plan de renforcement des moyens humains et matériels de la sécurité civile, à la hauteur des risques auxquels notre territoire est désormais confronté.