Nous vous présentons le journal de notre cellule pontétienne de ce printemps 2026
L’édito de Graziella Lovera (élue communiste d’opposition)
Je suis intervenue en conseil municipal sur une question qui touche directement la vie des habitants : l’accès aux médecins généralistes référents. Les chiffres officiels affichent une vingtaine de praticiens, mais la réalité est tout autre. En croisant les données de l’Assurance maladie et celles disponibles localement, on tombe plutôt autour de huit médecins réellement en capacité de suivre des patients. Le ratio dépasse alors les 2 300 patients par médecin référent, signe d’un suivi dégradé.
Cette distorsion s’explique notamment par la présence de SOS Médecins, dont les praticiens assurent des gardes sans constituer de patientèle suivie. Résultat : une illusion statistique qui masque une pénurie bien réelle. Sur le terrain, certains médecins sont à temps partiel, d’autres ont cessé leur activité.
Face à cela, le maire se retranche derrière les chiffres les plus favorables et n’impulse pas de solutions concrètes, comme la proposition de médecins retraités prêts à assurer des consultations. Cet immobilisme est inacceptable. La santé n’est peut-être pas une compétence directe de la commune, mais c’est une responsabilité politique majeure.
EN CH!FFRES
4079 euros_: les indemnités du maire.
Les indemnités du maire augmentent de 34 %. Si on ajoute les 2170 euros au titre de la vice-présidence du Grand Avignon, on peut se dire que Monsieur Hébrard se met bien_!
On nous parle de rigueur, de contraintes, de contexte difficile. Très bien. Mais visiblement, ce n’est pas la crise pour tout le monde_!
154 295 € :
pour manque de logements sociaux en 2025.
Si cette année Le Pontet sort des villes sanctionnées financièrement pour non respect de la loi Solidarité Renouvellement Urbain, cette somme aurait pu être investie autrement. Que ce soit sur le logement social, la construction d’un centre de santé, d’une maison des associations…
Rappelons que depuis 2011, au Pontet, la population ne cesse d’augmenter. Les ménages d’une personne (célibataires, divorcé-e-s,veuves et veufs) augmentent pour représenter 36.4% de l’ensemble des ménages et que depuis 2016, les catégories qui ont le plus augmenté sont les ouvriers, et les sans-emplois.
Le logement social permet l’application effective d’un droit au logement. Les logements sociaux sont une nécessité.
+45 % : la foi… dans les subventions
Voilà une progression qui ferait rêver bien des services municipaux.
La subvention à l’école privée catholique Saint-Charles de Foucauld atteint désormais 210 120 euros. Une hausse spectaculaire.
Il faut dire que le projet est clair : transmettre « nos racines chrétiennes ». Très bien. Mais dans ce cas, qu’on arrête de nous parler de neutralité ou de laïcité à géométrie variable.
Car enfin, il y a quelque chose d’assez cocasse : on serre les budgets ici, on explique ailleurs qu’il faut faire des choix… mais quand il s’agit de financer une école privée confessionnelle, là, les moyens apparaissent.
Et puis il y a la réalité sociale. Indice de position sociale : 109.8 dans le privé, contre 66 à Pergaud ou 83.2 à Marie Curie dans le public. Traduction simple : une école – privée – pour les plus favorisés, une autre -publique – pour les autres.
Finalement, au Pontet, on ne mélange pas les publics.
Un budget sans cap dans un monde en guerre
Le budget présenté par la majorité municipale se veut sérieux, rigoureux, technique. Mais un budget n’est pas un tableur Excel : c’est un choix politique.
Et ici, le constat est simple : il n’y a pas de cap. Quelques mesures dispersées — vidéosurveillance, sécurisation du château de Fargue — et, à côté, des annonces utiles mais isolées comme la végétalisation des écoles ou des actions pour les aînés. Rien qui dessine une ambition claire pour la commune.
Or il y a besoin d’un cap clair parce que les poltiques publiques de nos collectivités sont mises à mal par la rigueur et l’austérité. A cela, se rajoute aujourd’hui la hausse des coûts de l’énergie.
Et pourquoi ? Parce que le monde est entré dans une nouvelle ère : celle du retour des guerres de haute intensité.
Ces conflits ont des conséquences directes sur nos budgets : explosion des prix, profits indécents des multinationales, marges de manœuvre réduites pour les services publics locaux.
Mais ces guerres ne tombent pas du ciel. Elles ont des responsables.
Vladimir Poutine en Ukraine. Donald Trump en Iran. Netanhayou au Liban et en Cisjordanie.
Des fauteurs de guerres qui sont les références, les alliés ou les modèles assumés du Rassemblement national.
On ne peut pas dénoncer les effets… tout en cautionnant les causes.
Derrière ce budget, il y a donc plus qu’un manque d’ambition : il y a une vision du monde où le fort écrase le faible.
Renaturation des cours d’école :
Lors du dernier conseil municipal, un projet de renaturation des cours d’école primaire Pergaud et La Fontaine a été présenté. Nous tenons à saluer cette initiative et à lui apporter tout notre soutien.
Ce projet s’inscrit dans un contexte climatique désormais bien connu. Depuis l’ère industrielle et de l’essor du capitalisme, les émissions de CO₂ liées aux activités humaines ont renforcé l’effet de serre, entraînant un réchauffement climatique. Les conséquences sont visibles : multiplication des événements extrêmes : canicules plus fréquentes, inondations et dérèglements climatiques.
Face à cette situation, l’adaptation de nos villes est indispensable. Il est urgent de lutter contre les îlots de chaleur, de désimperméabiliser les sols et de redonner une place au vivant dans l’espace urbain.
La végétalisation des cours d’école constitue une réponse concrète à ces enjeux. Elle permet de rafraîchir les espaces, d’améliorer le cadre de vie des enfants et de favoriser une meilleure gestion de l’eau.
Mais ce projet porte aussi une autre dimension importante. Les cours d’école, souvent dominées par des usages uniques comme le football, peuvent exclure une partie des élèves. Leur renaturation permet une meilleure répartition des espaces et des usages, offrant ainsi davantage de place aux filles et à des pratiques plus diversifiées..
Municipales : et maintenant ?
Avec moins d’un électeur sur deux aux urnes (49,78 %), les municipales 2026 confirment une réalité préoccupante : l’abstention est le premier parti du Pontet. Ce qui permet au Rassemblement national de s’imposer dès le premier tour avec 3 108 voix.
Ce résultat est d’autant plus préoccupant qu’il est quasi équivalent aux législatives de 2024, malgré 1 600 votants de moins. Autrement dit : leur électorat du RN s’est mobilisé.
La présence d’une liste dissidente à 854 voix confirme un basculement d’une partie de la droite vers l’extrême droite.*Dans le même temps, les électorats progressiste et républicain se sont largement abstenus.
La liste de large rassemblement républicain Le Pontet, c’est vous a réuni 1 151 voix. Elle aura permis de donner à voir une alternative crédible, mais n’aura pas suffi à remobiliser celles et ceux qui se sont éloignés des urnes.
Aussi, ce billet a un objectif, celui de remobiliser les électeurs de gauche et tous ceux qui refusent la fatalité et qui souhaitent plus de justice sociale dans une ville plus solidaire.
Car la situation n’est pas figée ! Beaucoup de Pontétien·ne·s attendent des réponses concrètes sur le logement, le pouvoir d’achat, les services publics, la santé, la jeunesse et la sécurité du quotidien sans oublier le transport, l’écologie.
À partir de vrais problèmes, le RN plutôt que de répondre par des solutions justes, concrètes, utiles à tous, apportent des réponses insuffisantes, inefficaces voire aggravant les situations.
Si tu veux nous aider sur ce chemin, et notamment nous aider à diffuser ce journal dans ton quartier: n’hésite pas à nous contacter au courriel suivant en précisant ton nom, adresse et numéro de téléphone :
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