On en sait décidément un peu plus sur la politique culturelle d’Olivier Galzi.
D’un côté, les bibliothèques de proximité sont fragilisées : la bibliothèque Pierre Boulle, au cœur de la Reine Jeanne, est fermée ; à Saint-Chamand, les horaires d’ouverture sont réduits.
Dans ces bibliothèques, les enfants peuvent lire, faire leurs devoirs, découvrir un auteur, travailler au calme. Pour une famille, c’est un accès gratuit à la culture. Pour une personne âgée ou isolée, c’est un lieu de rencontre. Pour un quartier populaire, c’est un service public de proximité.
Et pendant que ces lieux essentiels ferment ou voient leurs horaires se réduire, Olivier Galzi, convoque l’imaginaire des enfants de 10 ans, et annonce en grande pompe « Les Pontificales », quatre jours de grande fête médiévale dans le centre historique d’Avignon, en mai 2027.
La mise en avant du Moyen Âge, au-delà de ce qui existe déjà (la Rose d’Or fête ses 20 ans) nous dit les choix culturels de la municipalité.
Car le Moyen Âge met en scène les rois, les reines et les puissants, ceux qui dominaient les serfs et le bas peuple, ceux qui n’avaient précisément pas les mêmes droits que les autres.
Une politique culturelle raconte toujours quelque chose de la société qu’elle veut mettre en récit.
Et nous préférons une culture qui donne les moyens de comprendre le monde plutôt qu’une culture qui se contente de faire rêver à un monde où certains naissaient avec tous les droits et d’autres avec presque aucun.
Nous préférons les bibliothèques ouvertes aux enfants des quartiers aux rois en costume dans les rues.
Nous préférons la culture qui émancipe à la culture qui mythifie.
Une bibliothèque ouverte toute l’année, ce n’est peut-être pas aussi spectaculaire qu’un chevalier à cheval. Mais pour l’émancipation d’un enfant, c’est autrement précieux.